Paris : La loi Climat et résilience en échec, selon SeLoger


La société experte dans la publication d’annonces immobilières en ligne a mené une enquête sur la conformité aux normes en matière de diagnostics énergétiques. Dans la capitale française, un tiers des annonces ne mentionne pas le DPE.

La Loi Climat et Résilience : un défi de mise en œuvre pour les propriétaires

La Loi Climat et Résilience, imposant aux propriétaires de rendre public le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) de leurs biens et interdisant, depuis le 1er janvier 2025, la location de logements classés G, rencontre des difficultés quant à sa pleine application, selon une enquête récemment publiée par SeLoger. L’étude, à laquelle France Inter a eu accès, s’appuie sur les annonces immobilières diffusées sur la plateforme SeLoger entre 2018 et mi-janvier 2025.

L’évaluation de la situation, deux semaines après l’entrée en vigueur de l’interdiction, révèle que « 2,3% des annonces continuent de concerner des biens classés G, contre 3,2% observés ces dernières années ». De plus, « 18% des annonces de location omettent toujours la publication du DPE », bien que cela représente une baisse significative par rapport à juillet 2021, où le taux d’infraction était de 37%.

Un marché locatif toujours soumis à une pression importante

Particulièrement à Paris, le respect de la Loi Climat et Résilience semble difficile à atteindre. En effet, un tiers des annonces (35%) ne comportent pas de DPE, et 4,7% des biens sont toujours classés G. Cette situation s’explique par la composition du parc immobilier parisien, où « 35% des logements sont considérés comme des passoires thermiques, contre 17% à l’échelle nationale ». Le marché locatif tendu incite parfois propriétaires et locataires à négliger les exigences légales, soit par manque d’alternatives, soit par opportunisme.

Cependant, il est à noter une amélioration de la performance énergétique des logements du parc privé. Entre le début et la fin de l’année 2024, les logements classés G proposés à la location ont diminué de 16%, en partie grâce à la prise de conscience et l’anticipation de l’interdiction survenue en janvier 2025.

Des progrès lents mais tangibles pour le parc locatif privé

Selon Thomas Lefebvre, directeur scientifique chez SeLoger, « bien que le nombre de passoires énergétiques sur le marché soit en diminution, l’évolution reste lente ». Une diminution des DPE classés G a été observée, mais elle s’accompagne d’une recrudescence des annonces dépourvues de DPE, soulevant des interrogations sur un éventuel camouflage de logements énergétiquement inefficaces.

Il affirme également que l’interdiction de location des biens de classe G n’a pas accentué la pénurie de logements. « En dépit d’une baisse de 30% des annonces par rapport à il y a quatre ans, cette rareté est davantage attribuée aux conditions du marché », explique-t-il. Cette situation résulte principalement de l’impossibilité pour certains acheteurs d’accéder au marché de la transaction, les contraignant à rester locataires, et ainsi, à ne pas libérer de logements. Une forte demande de location persiste donc, ce qui est accentué par la hausse significative des taux. « Nous espérons que l’assouplissement des conditions de crédit aidera à détendre le marché », conclut Thomas Lefebvre. Ces défis et évolutions mettent en lumière la complexité de la transition énergétique du parc immobilier, essentielle pour atteindre les objectifs climat.