Lancé dimanche en Île-de-France en réaction à la baisse des températures, le plan grand froid a rendu possible l’ouverture de sites tels que la préfecture pour offrir un hébergement aux personnes sans abri.
Plan Grand Froid : Un Refuge Temporaire en Île-de-France
Dimanche 28 décembre, le plan grand froid a été activé en Île-de-France, avec l’objectif de créer un abri temporaire pour les plus démunis. Ce dispositif a permis l’ouverture de 200 places supplémentaires, offrant ainsi une protection aux personnes sans domicile. Parmi ces nouvelles places, environ 60 sont situées dans les locaux de la préfecture d’Ile-de-France, dans le 15ème arrondissement de Paris. Ces dernières sont réservées spécifiquement aux femmes isolées. Le plan inclut également une extension des heures d’ouverture des centres de jour, un renforcement des équipes de maraudes et la réquisition de divers lieux pour permettre l’accueil d’urgence.
Marie, traînant ses pieds lourds, monte les marches du bâtiment moderne de la préfecture, sa petite valise en main. Elle a laissé derrière elle les cartons qui lui servent habituellement de lit. « Le carton, c’est un très bon isolant », confie-t-elle, consciente des dures réalités de la rue.
Un Refugie Entre Femmes
À 50 ans, Marie connaît bien la vie en plein air, ayant eu une mauvaise expérience dans un centre d’hébergement d’urgence marqué par la violence et le bruit. « Je préfère être dehors que revivre ça », dit-elle résolue. Cependant, ce nouvel espace, exclusivement féminin, l’a convaincue de tenter l’expérience.
Elle présente un mail du Samu social à l’agent de sécurité avant d’entrer dans le confort relatif des lieux. Les salles sont aménagées avec des lits de camp sur une moquette grise, remplaçant les tables de réunion habituelles. Anne-Charlotte Depardieu, responsable du centre et membre de l’association Coallia, explique : « Il y a accès à la douche, des sanitaires, trois repas par jour et un peu plus d’intimité que dans un gymnase bondé. »
Un Peu de Répit
Les femmes accueillies ici peuvent rester jour et nuit jusqu’à la fin de la semaine. Pour Nadège, arrivée grâce au 115, cette pause est précieuse : « Une semaine, c’est énorme. Je peux enfin me réchauffer. » Les dernières nuits, elle a passé ses soirées dans le froid de la gare du Nord, entourée d’hommes menaçants.
Nadège se souvient des draps et du manteau qui peinaient à la protéger du froid mordant : « Ce n’est pas suffisant, mais on fait avec », raconte-t-elle. Pour Machabé, une Ivoirienne de 26 ans, ce refuge est un soulagement après des mois de survie. Certains soirs, elle errait dans les bus nocturnes ou dormait dans le métro. Elle ajoute tristement que, parfois, elle doit accepter des arrangements désagréables pour éviter la rue.
Elle confie, un peu gênée par son français hésitant, son besoin urgent d’un logement stable et interpelle les autorités pour aider à trouver une solution durable. La préfecture, cependant, n’abritera que temporairement ces femmes durant la période du plan grand froid.
Espérant un souffle de chaleur et de stabilité, celles qui dorment ici savent que ce répit n’est que momentané, mais veulent croire à une meilleure issue.

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