Les défis de recrutement de l’industrie : un incontournable


Selon les prévisions du gouvernement, l’industrie aura besoin de recruter 1,3 million de travailleurs au cours des dix prochaines années. Cependant, malgré une formation dans ce secteur, de nombreux jeunes préfèrent chercher des emplois dans d’autres domaines.

Les besoins dans l’industrie : un problème persistant malgré les formations

Le secteur industriel est en plein essor, mais fait face à un problème croissant : le recrutement. Avec plus de 3 millions de salariés dans ce secteur, près d’1 million va partir en retraite d’ici 2030, alors que les grands projets s’accumulent dans le nucléaire, l’hydrogène ou la transition énergétique. Les intentions d’embauches ne cessent d’augmenter, mais cette année, le nombre de projets s’élève à 280.000, dont les deux tiers sont jugés problématiques.

Selon un rapport conjoint de l’Inspection générale de l’administration (Igas), des finances (Igf) et de l’Education, du sport et de la jeunesse (IGESR) publié cette semaine, malgré le nombre élevé de personnes formées pour occuper un métier dans l’industrie, le besoin de recrutement n’est pas comblé. En 2022, près de 288.000 élèves et étudiants étaient en dernière année d’une formation liée aux métiers industriels. La même année, 108.000 chômeurs avaient débuté une formation industrielle, soit deux fois plus qu’il y a 7 ans. Cependant, les difficultés de recrutement continuent d’augmenter.

Une partie des jeunes formés aux métiers de l’industrie semble disparaître dans la nature une fois leur diplôme en poche. Ce phénomène est particulièrement important chez les CAP, les BEP, les BAC PRO et les BTS. Un an après la fin de leur formation, parmi ceux qui travaillent, seule la moitié est dans l’industrie. Les autres rejoignent un autre secteur. C’est le cas aussi pour les chômeurs sortis de formation, puisque plus de la moitié d’entre eux partent dans la construction.

Face à ce constat, le rapport propose des recommandations pour pallier à cette situation. La première consiste à mieux cibler les aides à l’apprentissage sur les CAP, les BAC PRO et les BTS, qui forment les ouvriers et techniciens, là où les tensions sont les plus fortes. De plus, l’industrie souffre toujours d’une mauvaise image auprès des jeunes. Ainsi, des campagnes beaucoup plus concrètes sur les métiers doivent être menées dans les lycées et les collèges, au moment de l’orientation.

En outre, le rapport suggère de s’inspirer de la Corée du Sud, qui sensibilise les enfants dès l’école primaire, avec des jeux de construction impliquant les filles comme les garçons. Cette approche pourrait contribuer à changer l’image des métiers industriels et encourager les jeunes à s’y intéresser davantage.