Crédit immobilier : petits ajustements, pas de révolution


Lundi, le Haut conseil de stabilité financière s’est réuni pour discuter de la situation actuelle du marché immobilier, qui semble être en pause. Dans le cadre de cette réunion, des ajustements mineurs ont été apportés aux règles régissant le crédit immobilier. Par exemple, il a été décidé qu’il serait désormais possible d’emprunter sur une période de 27 ans au lieu de 25 ans dans le cas où l’acheteur aurait besoin de réaliser d’importants travaux de rénovation thermique. Cette décision allège légèrement les restrictions en matière de crédit immobilier afin de s’adapter à la réalité du marché.

Taux de crédit immobilier en hausse : la crise du marché immobilier français

Le marché immobilier en crise

La crise du marché immobilier français est en plein essor en raison des taux de crédit immobilier en constante augmentation. Les taux sont en hausse, ce qui rend les achats de biens immobiliers inaccessibles pour de nombreux acheteurs. D’un côté, les acheteurs n’ont plus les moyens d’emprunter, et de l’autre, les vendeurs refusent de baisser les prix, laissant ainsi le marché immobilier à l’arrêt.

Beaucoup avaient placé leurs espoirs dans les annonces du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) lors de sa réunion du 4 décembre, mais les mesures annoncées n’ont pas répondu aux attentes. Il est vrai que le HCSF a apporté des ajustements techniques, sans toucher aux fondamentaux du crédit immobilier, tels que le taux d’endettement maximal de 35% et la durée d’emprunt maximale de 25 ans. Cependant, la principale annonce a été la possibilité d’emprunter sur 27 ans si l’acheteur doit effectuer des travaux de rénovation thermique représentant plus de 10% de la transaction immobilière.

Des ajustements sans réelle révolution

Le HCSF a également exclu les crédits relais du taux d’effort, à condition qu’ils ne représentent pas plus de 80% de la valeur de la vente. De plus, il a été précisé que les banques pourraient déroger à certaines règles, 20% des crédits qu’elles octroient pouvant ne pas respecter les 35% d’endettement. Pour éviter les à-coups, le HCSF a décidé de lisser ces normes sur trois trimestres glissants. Malgré ces ajustements, la situation du marché immobilier reste préoccupante.

Des chiffres qui inquiètent

En effet, le nombre de demandes de crédits immobiliers a chuté, mais le volume total des emprunts est en hausse. En moyenne, les Français empruntent à un taux de 3,94%, inférieur à celui de l’Allemagne (4,2%) ou de l’Italie (4,7%). Cependant, les professionnels du secteur rappellent que les taux de crédit immobilier ont été multipliés par quatre en deux ans, ce qui a entraîné une diminution significative de la capacité d’emprunt, ainsi qu’une stagnation des prix de l’immobilier. Les prix n’ont baissé que de 1,1% au dernier trimestre, et les mesures annoncées par le HCSF ne devraient pas suffire à relancer le marché immobilier.

En somme, la situation demeure tendue pour le marché immobilier français, et la hausse des taux de crédit immobilier semble être l’une des principales causes de cette crise.