Alerte : Les victimes de violences conjugales en Ile-de-France peuvent porter plainte aux urgences


Depuis le mois d’octobre, les hôpitaux en Île-de-France ont mis en place un service qui permet aux victimes de déposer une plainte directement sur place, sans devoir se rendre au commissariat. Cette initiative vise à faire des urgences un lieu capable de fournir des solutions, comme le souligne avec satisfaction une infirmière.

Victimes de violences conjugales : un dispositif inédit dans les hôpitaux d’Ile-de-France

Depuis le mois d’octobre, un tout nouveau dispositif a fait son apparition dans les hôpitaux d’Ile-de-France. La tête de l’opération est simple : les professionnels de santé demandent systématiquement aux patients admis aux urgences s’ils ont été victimes de violences conjugales. Ce processus a pour but de faciliter le dépôt de plainte des victimes directement à l’hôpital, sans passer par un commissariat. Marie Llorens, infirmière à l’hôpital Tenon, déclare que l’objectif est d’offrir l’aide la plus appropriée aux victimes, même si elles refusent de divulguer les violences dont elles ont été victimes.

Pour ce faire, les soignants disposent d’une ligne téléphonique directe avec la police, qui envoie immédiatement une patrouille en civil, tous les jours et à toute heure. Cette méthode vise à prendre en charge des victimes qui pourraient ne pas se rendre au commissariat par peur des représailles ou parce qu’elles ne se sentent pas écoutées. Les résultats d’une étude menée par le collectif #NousToutes entre 2019 et 2021 montrent qu’une grande majorité des témoignages évoquent une banalisation des faits, un refus de prendre la plainte ou encore une culpabilisation de la victime de la part des policiers. Ce processus est essentiel pour déclencher des mesures de protection pour la victime et ses enfants.

Malgré l’importance de ce dispositif, il est nécessaire de rappeler que le dépôt de plainte est seulement la première étape d’un long parcours pour les victimes de violences conjugales. Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes, souligne que les femmes doivent être informées des conséquences que cela pourra avoir sur leur quotidien. En effet, les victimes doivent s’assurer du bon déroulement de l’enquête et des suites judiciaires, ce qui représente un processus complexe. Selon Sarah McGrath, présidente de l’association Women for Women France, il est nécessaire de fournir un accompagnement complet aux victimes, qui ont souvent à faire face à des problèmes pratiques et matériels.

Ce nouveau dispositif pourrait aider à la constitution de dossiers plus solides pour les enquêtes, cependant, il est important de ne pas sous-estimer les limites de cette méthode. Effectivement, il ne prend en charge que les victimes blessées, alors que les violences psychologiques, les bousculades et les gifles restent souvent invisibles. C’est pourquoi Marie Llorens espère voir le dispositif étendu à tous les services hospitaliers, et même au-delà de l’AP-HP. Elle met en évidence la nécessité de sensibiliser tous les professionnels de santé aux violences sexistes et sexuelles, et de faire de la question « Avez-vous déjà été victime de violences ? » un réflexe dans tout le corps médical.

En résumé, ce dispositif représente une avancée majeure dans la prise en charge des victimes de violences conjugales, mais il est clair qu’il ne résout pas tous les problèmes. Il nécessite d’être couplé avec un changement dans la formation des professionnels de santé et de la police, ainsi que dans la reconnaissance complète des différentes formes de violences subies par les victimes. Si vous êtes victime de violences conjugales, ou si vous êtes inquiet pour une membre de votre entourage, n’hésitez pas à appeler le service d’écoute anonyme, le 3919, accessible gratuitement 24h/24 et 7 jours sur 7.