Un havre de calme : un espace inclusif testé à Gare de l’Est


Voyager pendant les périodes de vacances peut rapidement devenir un cauchemar en raison des foules dans les gares, en particulier pour ceux qui souffrent de troubles du spectre autistique. Pour améliorer leur expérience de voyage, la SNCF a décidé de mener une expérience cet été à la gare de l’Est à Paris.

« Un Havre de Paix en Gare pour les Personnes Autistes »

Dans le tumulte incessant des halls de gare, les bruits des annonces au micro, le claquement des valises sur le sol et les conversations téléphoniques stridentes peuvent être accablants. Au milieu de cette cacophonie, des personnes comme Marjorie, atteintes de trouble du spectre autistique, peuvent se sentir déboussolées. Elle décrit son expérience en expliquant : « C’est le bruit… Quand il y a trop de gens qui parlent, ça fait mal aux oreilles. Les valises, les poussettes, les rires des bébés, c’est difficile à supporter. »

Pour échapper à cette ambiance chaotique, Marjorie trouve refuge dans un tout nouvel espace calme aménagé à la gare de l’Est, situé près du quai n°3. Ce lieu de tranquillité, accessible en montrant simplement son billet de train à un agent SNCF, accueille les personnes autistes pour un maximum de deux heures. Elodie Andriot, experte en accessibilité à la SNCF, explique : « Dès qu’on entre ici, on est plongé dans une atmosphère feutrée et tamisée, coupée des bruits de la gare. »

Elle ajoute que cet espace peut également être bénéfique pour ceux qui souffrent de migraines sévères, leur offrant un moment de répit en attendant leur train.

Un Été d’Essai pour un Confort Accru

Cette initiative novatrice de la SNCF, mise en place avec un budget de 5 000 euros, vise à transformer l’expérience de voyage des personnes atteintes d’autisme. Avec seulement trois personnes autorisées à la fois, cet espace privilégie le calme. Il intègre divers éléments spécialement conçus comme des fenêtres teintées pour réduire la luminosité, un fauteuil cocon pour le confort, une lampe à bulles colorée pour concentrer l’attention, et des panneaux sensoriels aux textures variées. Pour Marjorie, c’est un soulagement : « Ici, c’est calme. Pas de valises, rien. C’est comme de la relaxation, et ça me plaît beaucoup. »

Aux côtés de Marjorie, Sébastien, son éducateur, souligne l’importance de la climatisation : « Pour ceux sous traitement, la chaleur peut être difficile à supporter, surtout en période de canicule et lors des départs en vacances. »

Ce projet est perçu comme une avancée majeure pour ceux dont le handicap est invisible. Sébastien explique : « Ceux en chaise roulante sont facilement identifiés et assistés. Pour les handicaps invisibles, l’interaction avec les autres peut être dure. Ces espaces permettent de se détendre avant de repartir. Voyager reste l’objectif. »

Testé durant tout l’été à la gare de l’Est, la SNCF envisage d’étendre ce concept à d’autres gares en 2026, selon les retours des usagers, souhaitant améliorer l’accessibilité pour tous.