L’Institut national d’études démographiques a dévoilé ce mercredi une recherche portant sur les relations affectives des jeunes de moins de 30 ans. Selon cette étude, en 2023, 80 % des jeunes adultes ont vécu une expérience amoureuse ou sexuelle au sein de leur milieu professionnel, dans des espaces publics ou via des applications dédiées aux rencontres.
Applications de Rencontre : Un Phénomène Social Intrigant
« Alex, 28 ans, curieux et entreprenant ». C’est le genre de descriptions que l’on peut souvent lire sur les profils d’utilisateurs de différentes applications de rencontre. Ces plateformes sont devenues le troisième endroit le plus fréquenté par les jeunes de moins de 30 ans pour trouver l’amour, après le travail et les lieux publics. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Institut national d’études démographiques, publiée ce mercredi 19 juin.
Nabil, un utilisateur assidu de ces applications, ne se sépare jamais de son téléphone. Que ce soit Tinder, Grindr ou Bumble, ces outils numériques facilitent les premiers échanges avec des inconnus. « Il y a des gens avec qui je suis sorti quelques mois et puis les choses ont fait qu’on n’a pas continué ensemble. Mais ce n’est pas tant l’application de rencontre ou le fait de s’être rencontré à la fac, au lycée ou ailleurs qui a joué sur la relation », raconte le jeune homme.
Pour Alexia, aborder une application de rencontre était une voie à explorer. À 24 ans, juste après une rupture, elle souhaitait faire de nouvelles rencontres sans pression. « Juste pour la nuit », avoue-t-elle, à présent âgée de 27 ans. « Je me suis rendu compte que c’était plutôt facile. J’ai fait ça pendant quatre ou cinq mois, puis j’ai arrêté », poursuit-elle.
« De toute manière, je ne me voyais pas rencontrer quelqu’un sur une appli de rencontre pour que ça soit sérieux »
Alexia
Malgré la perception que ces plateformes ne sont pas l’endroit privilégié pour trouver un partenaire sérieux, elles restent incroyablement populaires : l’usage a augmenté de 9% en 2023 par rapport à 2022, selon une étude Médiamétrie. Toutefois, les motivations des utilisateurs peuvent varier largement. Certaines personnes s’inscrivent pour se faire des amis, plutôt que de chercher l’amour.
« J’ai installé l’application OkCupid parce que j’arrivais dans une nouvelle ville et je cherchais des potes. Sur l’application, tu peux indiquer sur le profil si tu cherches plutôt des ‘love’, plutôt des coups d’un soir, plutôt des amis », explique Isé. Elle ajoute : « J’utilise pas mal aussi les applications de rencontre pour booster mon ego, je vois que je peux plaire, mais en fait, je ne parle jamais aux gens ».
« Des codes acquis avec le temps »
Selon Catherine Demongeot, une thérapeute de couple, les utilisateurs ont divers usages pour ces plateformes de rencontres. « Les gens arrivent à être plus clairs avec ce qu’ils veulent. Maintenant que ça fait des années qu’on utilise ces applications, je pense qu’il y a aussi des codes et des comportements conditionnés qu’on a acquis avec le temps », explique-t-elle.
« On dit peut-être plus facilement non, on dit peut-être plus facilement ce que l’on veut »
Catherine Demongeot
« On peut très bien dire sur Tinder à quelqu’un : ‘En fait, je ne suis pas là ni pour le sexe, ni pour l’amour. Je suis là parce que j’ai envie de rencontrer quelqu’un, d’aller boire des coups avec quelqu’un de sympa et ça s’arrêtera là' », conclut-elle.

Webrédacteur passionné et engagé, je me consacre à décrypter l’actualité avec un regard critique. Ma plume agile et précise sert à informer et éveiller les consciences. Toujours en quête de vérité, je m’attache à partager des analyses pertinentes et approfondies pour un public exigeant et curieux.