Mannequins IA : Les Dérives Alertées par un Avocat


Le grand nom suédois du prêt-à-porter, H&M, envisage de créer des « doubles numériques » de mannequins pour ses campagnes promotionnelles à l’aide de technologies d’intelligence artificielle. L’avocat Jonathan Elkaim met en garde contre les éventuels abus liés à cette pratique.

H&M : Vers une Révolution Numérique des Mannequins avec l’Intelligence Artificielle

L’entreprise suédoise de prêt-à-porter H&M s’engage dans une nouvelle ère numérique en intégrant l’intelligence artificielle pour créer des répliques numériques de ses trente mannequins vedettes. Ces « jumeaux virtuels » permettront à H&M de mener des campagnes publicitaires révolutionnaires, repoussant les limites traditionnelles du marketing et de la mode. Dans ce contexte, les mannequins conserveront la propriété de leurs copies numériques et recevront une compensation financière à chaque utilisation de leur avatar. Selon Jonathan Elkaim, avocat spécialisé en propriété intellectuelle chez HIRO Avocats, une approche technologique telle que celle-ci nécessite un cadre juridique strict et un consentement éclairé afin d’éviter toute dérive potentielle.

Le droit à l’image et la protection des données personnelles

Il est crucial, selon l’avocat, de s’assurer que le protagoniste du droit à l’image saisisse toutes les implications liées à la création et l’exploitation de son double numérique. La compréhension des exploitations possibles est essentielle. Cela soulève la problématique de la territorialité, de la durée de la cession de droits, ainsi que de l’étendue des usages envisageables. Par exemple, un double numérique peut être exploité dans une campagne publicitaire, mais aussi potentiellement dans des programmes télévisés ou sur des plateformes en ligne. Cette révolution virtuelle dans le secteur de la mode questionne également la souveraineté personnelle face aux avancées technologiques.

> »Chacun a le droit de s’opposer à la reproduction de son image, » martèle Elkaim, soulignant l’importance de la protection des droits individuels dans ce nouvel horizon numérique.

Les enjeux du « droit de fouille » des données

En abordant le « droit de fouille », Jonathan Elkaim exprime ses inquiétudes concernant la collecte de données utilisées pour alimenter ces outils numériques. En effet, la voix ou l’image cédée à ces plateformes pourrait ultérieurement servir à la création d’autres clones numériques. Le « droit de fouille » permet aux développeurs d’algorithmes de pénétrer dans de vastes gisements de données disponibles sur Internet pour perfectionner les résultats de leurs IA. Cependant, l’exploitation de ces informations par les entreprises doit être encadrée pour éviter les abus.

La règlementation européenne en matière d’intelligence artificielle impose une transparence stricte envers les utilisateurs. Un contenu généré ou altéré par des outils intelligents pourrait, s’il est trompeur, exposer les entreprises à des amendes pouvant atteindre jusqu’à 35 millions d’euros. À l’avenir, il sera indispensable de veiller à ce que l’innovation ne se fasse pas au détriment des droits individuels tout en poursuivant le chemin vers une plus grande créativité et originalité. L’initiative de H&M pourrait définir une nouvelle norme dans la manière dont le commerce et la technologie coexistent et innovent ensemble, certes avec bénéfices, mais aussi avec des défis à adresser.