L’État réplique : vérification d’âge sur les sites pornos en jeu !


Lundi, le tribunal administratif de Paris a choisi de mettre en pause l’arrêté afin de vérifier son alignement avec les lois européennes.

Confrontation Judiciaire sur la Vérification d’Âge des Sites Pornographiques

Un nouvel affrontement se dessine entre les institutions françaises et certains sites pour adultes. Le gouvernement prévoit de contester la décision judiciaire qui suspend l’application de l’arrêté imposant aux sites pornographiques, basés dans l’Union européenne (UE), de vérifier l’âge des utilisateurs. Cette annonce a été faite par Clara Chappaz, la ministre en charge du Numérique, le mercredi 18 juin. Elle a affirmé que « les autorités françaises feront appel devant le Conseil d’État pour rétablir sans délai l’obligation des sites concernés par cet arrêté ».

En soulignant que ce type de procédure judiciaire n’est « ni inédit, ni surprenant », la ministre a critiqué ce qu’elle appelle une « forte résistance juridique » de la part des sites touchés, qui cherchent à esquiver leurs obligations par tous les moyens.

C’est suite à une requête formulée par la société Hammy Media, détentrice du site Xhamster, que le tribunal administratif de Paris a temporairement suspendu l’arrêté, en attendant de vérifier sa conformité avec le droit de l’UE. Cet arrêté, mis en œuvre en février, impose aux plateformes situées dans l’UE de bloquer l’accès des mineurs à leurs contenus, conformément à une législation adoptée en 2024, avec des sanctions possibles allant jusqu’au blocage, imposées par l’Arcom, le régulateur numérique et audiovisuel.

« Une Initiative Européenne de Grande Envergure »

Les opérateurs de sites pour adultes doivent désormais exiger une preuve d’âge, telle qu’une photo ou un document d’identité, tout en garantissant un anonymat double qui permet de vérifier l’âge sans révéler l’identité. L’Arcom a déclaré qu’elle continuerait à prendre des mesures contre les sites opérant en France et hors de l’UE, rappelant qu’une « initiative européenne de grande envergure est en train de se mettre en place ».

À la fin du mois de mai, Bruxelles a entamé une enquête ciblant quatre sites accusés de ne pas mettre en place suffisamment de mesures pour empêcher l’accès des mineurs à leurs contenus. La Commission européenne a également indiqué son intention de collaborer avec les autorités nationales pour s’assurer que même les plus petites plateformes pornographiques respectent ces réglementations.

L’enjeu de cette confrontation est d’importance capitale, car il touche à la fois à la protection des mineurs et au respect des libertés individuelles sur Internet. La France, en tant que membre influent de l’UE, joue un rôle crucial en façonnant les réglementations qui pourraient servir de modèle pour d’autres pays européens. Le dénouement de cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur la manière dont les plateformes numériques sont régulées à l’échelle du continent.