Français & Fruits : Le Prix Qui Fait Déborder le Panier


D’après Santé Publique France, seuls 22% des personnes en France consomment quotidiennement cinq fruits et légumes. Ce chiffre est encore plus bas chez les jeunes de 18 à 24 ans, où il descend à 17%.

Une Diminution Préoccupante de la Consommation de Fruits et Légumes en France

Selon une récente enquête dévoilée par Santé publique France le 29 avril, il apparaît que la consommation de fruits et légumes par les Français est loin d’atteindre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. En effet, seuls 19% des hommes et 25% des femmes, âgés de 18 à 85 ans, déclarent manger cinq portions par jour. Cette tendance est encore plus marquée chez les jeunes de 18 à 24 ans, avec seulement 17% respectant ces préconisations établies dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) depuis 2001.

Ce phénomène soulève des questions cruciales sur les habitudes alimentaires et financières des consommateurs, comme le montre une visite sur un marché à Alès, dans le Gard. Devant des étals débordant de couleurs, Désirée, une cliente, avoue ne pas atteindre l’apport quotidien conseillé. Elle se contente d’une banane le matin et de deux clémentines pour le goûter, expliquant que « tout est une question de prix ». Pour cette consommatrice, intégrer plus de fruits et légumes à son alimentation est un luxe hors de portée. « C’est trop cher, donc faire les cinq fruits et légumes, c’est une utopie pour beaucoup », déclare-t-elle.

Michèle, une autre habituée du marché, partage ce constat en critiquant le manque de clarté du célèbre slogan nutritionnel, jugé « mal conçu ». Selon elle, atteindre ces objectifs ne devrait pas imposer de consommer tout en un repas. Elle souligne : « Il est possible de répartir cet apport sur plusieurs repas, mais encore faut-il en avoir les moyens financiers. »

Les Jeunes Délaissent les Fruits et Légumes

Farid, un primeur avec vingt ans d’expérience, observe que les générations plus âgées continuent de privilégier les fruits et légumes. En revanche, les jeunes semblent peu motivés à en acheter, ce qui est en grande partie dû au coût élevé. Ce constat est soutenu par Mounia El Yamani-Mekrami, de Santé publique France, qui affirme que même si l’offre est abondante, les prix restent un obstacle majeur pour les populations avec des ressources limitées.

Malgré la situation, Farid encourage ses clients à opter pour des produits locaux, souvent moins chers car moins soumis aux coûts de transport. Il rappelle l’importance de soutenir les productions locales pour alléger la facture alimentaire.

Ce tableau alarmant de la consommation de fruits et légumes en France incite à une réflexion profonde sur l’accessibilité économique des produits de première nécessité. Une initiative collective entre producteurs, distributeurs et consommateurs pourrait être envisagée pour rétablir un équilibre entre nutrition adéquate et pouvoir d’achat. Aujourd’hui, la question n’est pas seulement alimentaire, elle est également sociale et économique.