Découvrez les talents qui boostent votre entreprise !


La quête des talents est devenue un enjeu majeur dans le monde professionnel. Il s’agit non seulement d’attirer les candidats les plus prometteurs, mais aussi de les recruter, de les encadrer, de les faire évoluer et de les fidéliser. Mais que signifie exactement le terme « talent » dans ce contexte ?

Le talent en entreprise : une perception variable selon le poste occupé

Si l’on s’en tient à la définition du dictionnaire, le talent, c’est une aptitude particulière ou remarquable pour réussir quelque chose. Dans le monde de l’entreprise, ce terme reste ambigu parce qu’il suggère, sans décrire. Conséquence, la perception du talent n’est pas la même si on est cadre lambda ou dirigeant. C’est ce que montre une étude de la chaire RH de l’école de commerce EM Normandie.

Sarah Lemoine : Il est créé aux Etats-Unis, à la fin des années 90. À l’époque, les entreprises américaines ont du mal à recruter, et le célèbre cabinet de conseil McKinsey invente le concept de talents.
L’idée, c’est que les meilleures entreprises ne doivent pas investir sur tous les collaborateurs – c’est-à-dire en salaire, en formation – mais cibler uniquement les meilleurs, ceux qui ont une valeur essentielle. En France, cette vision très élitiste, porteuse d’inégalités, se heurte progressivement aux sensibilités sociales. Les ressources humaines en sont revenues, affirme le professeur Jean Pralong, auteur de l’étude.

En France, que met-on derrière le mot de talent ?

L’EM Normandie a interrogé d’un côté des cadres lambda, de l’autre, des dirigeants et des professionnels RH. Ce qui est intéressant, c’est que ces deux populations n’ont pas la même vision. 80% des cadres ont une perception fermée du talent, comme s’ils avaient intégré le concept de McKinsey. Pour eux, c’est une ressource rare, très recherchée, non développable, et ils se disent : « mais non, ça ne peut pas être moi ». Cela génère des frustrations et des comportements d’auto-élimination sur des postes ou des formations.

Et les dirigeants et les RH ?

Surprise, les trois-quarts d’entre eux affichent, au contraire, une vision très ouverte. Pour eux, le talent, ça se développe en interne, c’est une compétence à construire. Le mot talent, ils l’utilisent comme synonyme de collaborateur, et cela concerne finalement tout le monde. À l’heure où les entreprises ont beaucoup recruté, et qu’elles cherchent à fidéliser les salariés, il est urgent de dissiper ce malentendu, conclut l’étude.