Cybersécurité : Le Stress de Trop


Assurer la sécurité des systèmes informatiques au sein d’une entreprise et intervenir rapidement en cas de cyberattaques est le rôle passionnant du Responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI). Cependant, cette profession est souvent synonyme de pression et de stress intense.

La Face Cachée du Métier de Responsable Cybersécurité : Entre Passion et Burn-Out

Dans le domaine professionnel, le rôle de Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) est à la fois fascinant et exigeant. Cependant, cette ligne de travail intense peut parfois mener à un épuisement professionnel, aussi connu sous le nom de burn-out. C’est une expérience vécue par Jean-François Louâpre en 2017 lorsqu’il occupait une fonction de haut rang dans la cybersécurité d’un grand groupe.

En prenant du recul, Jean-François attribue cet état de fatigue extrême à un sentiment puissant d’impuissance. Il décrivait une double adversité : d’un côté, la menace constante d’attaques invisibles capables d’interrompre l’activité de l’entreprise, et de l’autre, une difficulté interne à faire valoir l’importance critique de leur travail et à obtenir les ressources nécessaires. À cela s’ajoutait une disponibilité 24/7. « Il y a dix ans », se remémore-t-il, « quand tout allait bien, on se demandait ce que je faisais. Quand ça tournait mal, on se questionnait sur ce que j’avais fait. » Aujourd’hui, les attaques cybernétiques sont sous les feux des projecteurs médiatiques, et le métier bénéficie d’une reconnaissance accrue.

L’Implacable Pression de la Surveillance Numérique

Cependant, le stress demeure omniprésent. Même si la plupart des RSSI apprécient l’adrénaline, une part significative éprouve un stress élevé, potentiellement dangereux. Les récentes conclusions de l’étude menée par le CESIN, qui regroupe des experts en sécurité informatique, révèlent cette réalité. Mylène Jarossay, la présidente du CESIN, explique que bien que les résultats aient un peu progressé ces dernières années, il y a encore du chemin à parcourir : « Le RSSI travaille avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, dans un combat asymétrique où il doit protéger 10 000 portes alors qu’un assaillant n’a besoin que d’en ouvrir une seule pour pénétrer le système. » Benjamin Leroux, travaillant pour Advens et également co-auteur de l’étude, ajoute que certains peuvent développer un « syndrome du super-héros », surtout si l’employeur les perçoit comme une solution miracle.

Pour atténuer cette pression intense, les experts proposent quelques pistes de solution. Une meilleure répartition des objectifs et une définition claire du poste s’avèrent cruciales. Le rôle du RSSI est de protéger les systèmes, mais pas de garantir l’absence de menace. « Le simple fait qu’un employé clique au mauvais endroit pourrait faire s’effondrer tout l’édifice », note l’étude. La mise en œuvre de systèmes d’astreinte est également suggérée. Pourtant, peu d’entreprises, notamment les petites et moyennes, ont adopté cette pratique indispensable pour réduire la pression mentale qui pèse sur les responsables de la sécurité numérique. En somme, l’instauration d’astreintes pourrait offrir une bouffée d’air frais indispensable.

Il est crucial que les entreprises reconnaissent et abordent ces défis, car la sécurité du système d’information n’est pas seulement une nécessité technique, mais un élément stratégique de leur survie et de leur croissance.