Le Portugal, à l’instar de la France, est confronté à une crise de logement. En effet, la situation des jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans y est particulièrement préoccupante, puisque 95% d’entre eux résident encore chez leurs parents. Ce pourcentage extrêmement élevé est l’un des plus importants du continent européen. Cet état de fait mérite d’être exploré de plus près.
David Freitas, un obstacle de taille pour les jeunes entrepreneurs au Portugal
David Freitas a fait l’expérience de l’autonomie. Ce jeune Portugais a passé plusieurs années à travailler hors de son pays, notamment en France, où il exerçait en tant que chef de cabine pour une compagnie aérienne. Il profitait alors d’un appartement personnel et d’un salaire suffisant pour épargner. Néanmoins, il y a sept mois, alors qu’il décidait de revenir au Portugal avec l’ambition de fonder sa propre entreprise, il n’a pas eu d’autre choix que de retourner vivre chez ses parents en périphérie de Lisbonne. « J’ai perdu mon intimité et mon indépendance. C’est peut-être une régression dans ma vie », déplore-t-il.
Le fléau du logement au Portugal
Le Portugal fait face à une grave crise du logement, un problème qui touche particulièrement les jeunes générations. De ce fait, le phénomène des « Tanguy », ces jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents, se développe inexorablement. Au Portugal, 95 % des individus âgés de 15 à 24 ans vivent encore chez leur famille, un des taux les plus élevés d’Europe.
Pourtant, David Freitas ne manque ni de détermination ni de pragmatisme. Il a passé plusieurs semaines à parcourir les annonces immobilières à Lisbonne. « Dans le centre de Lisbonne, tout est loué aux étrangers. Il n’y a presque plus de jeunes Portugais qui vivent au centre. Je n’ai aucun ami en tout cas qui vit là », précise-t-il.
« On ne peut pas faire grand-chose avec 1000 euros ici »
En attendant que son entreprise prenne son envol, David a exploré les opportunités d’emploi comme livreur ou serveur, mais les salaires mensuels plafonnent autour de 1000 euros. « On ne peut pas faire grand-chose avec 1000 euros ici. Lisbonne, si l’on compare avec d’autres villes européennes, est aussi chère que les villes les plus onéreuses. J’ai vécu en France et le prix du loyer et de la nourriture est le même qu’ici, mais là-bas les salaires sont deux à trois fois plus élevés qu’au Portugal… », constate-t-il.
Face à cette impasse, comment réagissent les jeunes Portugais ? « Nous, on ne fait pas de manifestation. On se plaint, oui, mais entre nous, et puis on finit par accepter la situation… », explique-t-il.
Résignation ou expatriation ?
« Les gens sont résignés au fait qu’ils ne trouveront pas de logement, qu’ils n’auront pas de biens à eux », affirme David. Pour ceux qui refusent cette résignation, beaucoup choisissent de quitter le pays. Plus d’un quart des Portugais âgés de 15 à 40 ans vivent à l’étranger. Afin de contrer cette fuite des cerveaux, le gouvernement a récemment annoncé plusieurs mesures incitatives pour les jeunes, dont des baisses d’impôts ou encore des avantages fiscaux pour l’achat d’un premier logement.
Cette situation interpelle et soulève des questions sur l’avenir de la jeunesse portugaise et la politique du logement au Portugal. Alors que les jeunes comme David Freitas peinent à trouver leur place dans ce contexte difficile, il est clair que des solutions durables doivent être mises en œuvre pour répondre aux besoins fondamentaux de cette génération ambitieuse mais désillusionnée.

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