Accès aux soins : Votre commune est-elle privilégiée ?


Avec notre carte interactive, vous avez la possibilité d’examiner l’accès à cinq professions médicales au sein de votre commune. Dans l’ensemble, plus de la moitié des communes en milieu rural disposent d’un nombre insuffisant de médecins généralistes. En revanche, cette situation n’affecte que 28% des communes situées en zone urbaine.

Inégalités d’accès aux soins : la fracture entre zones urbaines et rurales

L’accessibilité aux soins ne doit pas être confondue avec une disponibilité abondante. Dire qu’une commune est « beaucoup mieux dotée » en termes de soins n’implique pas nécessairement une offre de qualité supérieure. En réalité, cela indique que son accès aux soins est relativement meilleur que dans 75 % des autres communes françaises. Pour établir cette classification, la Drees prend en compte plusieurs facteurs, dont le nombre de professionnels de santé présents en local, la composition démographique de la population — les personnes âgées par exemple, nécessitant plus de soins infirmiers, ou les femmes en âge de procréer nécessitant des sage-femmes — et la proximité avec ces services dans les communes alentour. Ainsi, cette méthodologie permet d’apprécier l’équilibre entre l’offre de soins et les besoins des résidents.

Prenons pour cas une petite ville sans médecin généraliste, mais abritant une population majoritairement jeune. Elle peut obtenir un classement plus favorable qu’une ville voisine où résiderait un médecin, mais où la population serait essentiellement composée de personnes âgées. Cette distinction révèle à quel point la structure démographique influence l’évaluation de l’accès aux soins.

Les disparités criantes selon les zones géographiques

Près de la moitié des communes rurales souffrent d’une sous-dotation en médecins généralistes, contre seulement 28 % dans les zones urbaines. En outre, les littoraux jouissent d’une meilleure desserte médicale en comparaison avec le centre du pays, largement rural. Les professions médicales ne sont pas toutes touchées de la même manière par ces disparités. Depuis 2022, l’accès aux médecins généralistes et aux infirmières a chuté respectivement de 1,4 % et 0,3 %, tandis que celui aux sages-femmes, dentistes et kinésithérapeutes s’améliore progressivement.

Analyse méthodologique

Les communes ont été classifiées selon quatre catégories allant de « beaucoup moins bien dotée » à « beaucoup mieux dotée », afin de mettre en lumière les inégalités nationales en termes d’accès aux soins. L’indicateur clé utilisé est l’accessibilité potentielle localisée (APL) de 2023, créé par la Drees. Cet outil mesure la capacité de chaque commune à répondre à la demande de soins immédiats en fonction de divers paramètres, tels que le nombre de soignants disponibles localement ou dans les alentours et la structure par âge de la population.

L’indicateur APL donne une vue d’ensemble des consultations possibles ou du personnel de santé accessible, exprimé en équivalent temps plein pour 100 000 habitants. Les résultats ont été arrondis pour faciliter la lecture sur les cartes. La carte « bilan » compile ces scores pour cinq professions médicales, permettant ainsi une analyse comparative intercommunale ambiguë mais précieuse.

Les APL pour chaque domaine médical ont été confrontés à la grille de densité communale de l’Insee qui classe les communes comme « rurales », « urbaines » ou « intermédiaires » en fonction de leur densité de population. Cette approche offre une perspective nuancée sur les défis d’accessibilité aux soins face aux particularités géographiques et démographiques de chaque région. Par conséquent, cette répartition inégale des ressources de santé reflète les fractures persistantes dans la couverture sanitaire du pays, exigeant ainsi des mesures correctives ciblées pour améliorer les perspectives d’accès équitable aux soins médicaux pour tous.