La modification des critères de diagnostic de performance énergétique va entraîner la reclassification de 850 000 logements, les faisant sortir de la catégorie des « passoires thermiques » d’ici au 1er janvier 2026.
Un Nouveau Souffle pour le Diagnostic de Performance Énergétique
Les règles entourant le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évoluent une fois de plus. Cette certification, essentielle depuis près de vingt ans pour évaluer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre des logements, de A à G, va maintenant adopter une approche plus favorable aux systèmes de chauffage électriques. Le Premier ministre a annoncé cette révision le 9 juillet, avec l’objectif de reclasser environ 850 000 habitations parmi les 5,8 millions de logements considérés comme « passoires énergétiques », classés F ou G. Depuis 2021, le DPE est devenu un impératif pour toute transaction de vente ou de location et est légalement opposable. Le gouvernement a basé cette nouvelle mesure d’évaluation sur les données de l’Agence de l’environnement (Ademe). Cet ajustement soulève des questions auxquelles Franceinfo s’efforce de répondre.
1. Qu’implique la réforme du DPE ?
L’une des modifications clés annoncées est la révision du coefficient de conversion de l’électricité utilisé pour calculer la consommation d’énergie réelle. Ce coefficient passera de 2,3 à 1,9. Cette modification permettra une mise à jour gratuite des DPE existants via la plateforme de l’Ademe, sans nécessité de recourir à un expert, et ne modifiera pas négativement les DPE déjà établis, assure le ministère du Logement.
L’effet concret de cette mesure pourrait être un gain d’un niveau sur l’échelle DPE, qui s’étend de A à G. Ce changement reflète mieux le mix énergétique français, dominé par le nucléaire, et vise à redresser une disparité qui désavantageait jusque-là les logements électrifiés. Le gaz naturel, avec un coefficient de 1, est jusqu’à présent plus avantageux que l’électricité.
Cela signifie que certains petits logements, de moins de 40 mètres carrés, éviteraient d’être qualifiés de passoires énergétiques simplement parce qu’ils utilisent l’électricité, un problème qui aurait été inexistant s’ils avaient recours au gaz, selon Nicolas Goldberg de Colombus Consulting.
2. DPE : Des antécédents de révisions
Un premier changement significatif avait été introduit en juillet 2024 pour les logements de petite surface, rectifiant ce que le gouvernement appelait un « biais » qui les pénalisait injustement, permettant à 140 000 habitations de sortir des classes F et G. Les propriétaires affectés ont pu obtenir une nouvelle attestation via l’Ademe.
De plus, une législation récente stipule que les logements de faible efficacité énergétique ne pourront plus être loués. À partir de janvier 2025, les habitations fortement énergivores, classées comme indécentes, ne seront plus sur le marché locatif. Cette progression vers des standards énergétiques plus élevés a commencé en 2023 avec les catégories G+ et s’étendra graduellement.
Pour renforcer l’intégrité du DPE, des mesures telles que la publication de résultats uniquement après validation par l’Ademe ont été mises en place. Chaque DPE est désormais accompagné d’un QR code pour vérification sur le site de l’agence.
3. Réactions de l’industrie immobilière
Les réactions à cette réforme sont variées. Certains acteurs du secteur critiquent la démarche, la considérant trop libérale. David Rodrigues de la CLCV ironise sur ce qu’il voit comme une réforme superficielle qui dénature le dispositif du DPE sans nécessiter de travaux réels. Ruben Arnold de KRNO critique également l’approche jugée non réfléchie et arbitraire, estimant que les prévisions de réductions des passoires énergétiques sont surestimées.
En revanche, des figures du marché immobilier comme Loïc Cantin, président de la Fnaim, accueillent favorablement l’annonce, bien qu’il aurait souhaité une réduction plus importante du coefficient. Il exprime également des inquiétudes quant à l’impact du délai de mise en œuvre sur le marché immobilier, craignant un ralentissement des transactions.
Cette réforme marque une étape importante dans la politique énergétique française, avec des opinions divergentes mais l’aspiration commune de rendre le parc immobilier du pays plus durable.

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