Ce passage vise à aborder l’augmentation du taux de mortalité infantile. Selon l’Insee, ce taux a évolué de 3,5 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011 à 4,1 en 2024.
Triomphe inattendu du groupe centriste à l’Assemblée nationale
Les députés de l’Assemblée nationale ont réservé une surprise en approuvant massivement, ce jeudi 15 mai, une initiative législative proposée par le groupe centriste Liot. Ce texte propose d’instaurer un moratoire de trois ans sur la fermeture des maternités, soulignant leur rôle présumé dans l’augmentation préoccupante de la mortalité infantile.
Cette proposition, présentée par Paul-André Colombani au nom de son groupe parlementaire, a obtenu un soutien presque total, récoltant 97 voix contre seulement 4, issues du groupe Ensemble pour la République.
Montée de la mortalité infantile en France
Ce moratoire vise à contrer l’augmentation de la mortalité infantile en France, où le taux est passé de 3,5 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011 à 4,1 en 2024, selon les données fournies par l’Insee. Paul-André Colombani décrit cette tendance comme « alarmante », notant qu’elle contredit les évolutions observées dans la plupart des autres pays européens. En 2022, la France s’est classée 23e sur 27 dans l’Union européenne en matière de mortalité infantile, un recul significatif par rapport aux décennies précédentes.
Les partisans de ce moratoire pointent du doigt la fermeture continue des maternités, qui oblige les futures mères à se rendre plus loin pour accoucher. Ce phénomène est illustré par une diminution drastique du nombre de maternités, de 1 369 en 1975 à 464 actuellement, d’après la députée UDR Sophie Ricourt Vaginay. Josiane Corneloup soutient que lorsque le trajet vers une maternité dépasse quarante-cinq minutes, le risque de décès néonatal double, citant des travaux de journalistes spécialisés.
Complexité du problème
Cependant, certains soulignent que les maternités ayant une faible activité ne garantissent pas toujours la même sécurité pour les naissances, en raison de la rareté des gestes obstétriques pratiqués régulièrement, comme l’a souligné le député Renaissance Jean-François Rousset. Le moratoire proposé offrira l’occasion de dresser un bilan précis des maternités réalisant moins de mille accouchements par an.
Selon le ministre de la Santé, Yannick Neuder, la problématique de la mortalité infantile est profondément multifactorielle. Outre les fermetures de maternités, il évoque des facteurs démographiques comme l’âge avancé lors des premières grossesses et l’augmentation des grossesses multiples. En réponse à ces défis, une disposition incluse dans le texte prévoit la création d’un registre national des naissances. Ce registre ambitionne de centraliser des données éparses pour mieux cerner les causes sous-jacentes de cette évolution préoccupante.
Alors que les débats se poursuivent, cette initiative met en lumière les tensions entre accessibilité des soins et sécurité obstétrique, soulignant la nécessité d’un équilibre pour protéger au mieux les nouvelles générations.

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